L’anesthésie dentaire : l’histoire d’une découverte qui a tout changé (partie 2)

 

Après avoir évoqué les premières tentatives pour diminuer la douleur, votre dentiste à Haguenau poursuit avec les découvertes qui ont véritablement changé la pratique de la dentisterie: le gaz hilarant et les débuts de l’anesthésie locale. 

Le cas du gaz hilarant

Le gaz hilarant (protoxyde d'azote) a été expérimenté comme anesthésiant pour la première fois en 1844 par un jeune dentiste nommé Wells. Quand il est inhalé, ce gaz agit sur le cerveau en donnant une sensation d'ébriété, de joie intense et... une diminution de la douleur. À cette époque, il était vendu à la dose dans les foires (notons qu'aujourd'hui, cette "mode" revient et la vente de "proto" en doses est très mal réglementée en France.)

 

L'histoire raconte que ce Dr Wells était très perturbé de voir ses patients souffrir le martyre lors des extractions dentaires qu'il pratiquait. Il remarque que, sous l'effet de ce gaz, on ne ressent pas - ou peu - les sensations physiques. Courageux, il n'hésite pas à le tester sur lui-même. Il se fait extraire une dent de sagesse par un confrère, après avoir inhalé le produit pendant quelques minutes. Résultat: pas de douleur. Et l'extraction se passe très bien. 

 

Malheureusement, lorsqu'il a voulu démontrer l'efficacité du gaz hilarant devant un parterre d'étudiants et de scientifiques, l'expérience a été un échec à cause du manque de préparation. Wells, marqué par l'évènement, abandonne l'art dentaire à jamais.

 

Aujourd'hui, le protoxyde d'azote est utilisé avec succès, mais en association avec l'anesthésie locale. Il est donné sous une forme différente (le MEOPA) pour faciliter les soins chez les très jeunes enfants, les personnes handicapées et les patients très anxieux.

 

La naissance de l'anesthésie locale par injection

Les anesthésiques que nous utilisons aujourd'hui trouvent leur origine en 1884, toujours aux USA, quand un jeune chirurgien stagiaire, Dr Koller, propose à ses professeurs d'utiliser la cocaïne pour endormir l'œil d'un patient avant une intervention. 

 

A la même époque, un autre chirurgien, le Dr Halstead, démontre que l'injection d'un produit à proximité d'un tronc nerveux anesthésie tous les nerfs issus de ce tronc. 

Le concept d'anesthésie locale est né! 

 

On utilise au départ un dérivé de la cocaïne appelé novocaïne. Ce produit sera remplacé par la suite par d'autres dérivés aux effets secondaires réduits, tandis que l'adjonction d'un vasoconstricteur permettra d'en augmenter l'efficacité.

 

La prochaine étape de ce récit racontera comment un médecin ingénieux a mis au point les cartouches d’anesthésique qui ont transformé l’usage quotidien de l’anesthésie locale en dentisterie.